Il y a des moments, dans notre parcours professionnel, qui nous rappellent avec une intensité particulière pourquoi nous avons choisi notre voie. Cette dernière semaine, j’ai eu la chance de vivre l’un de ces moments : j’ai été invitée à siéger en tant que jury pour évaluer les étudiants de la formation Vittoz IRDC. Une expérience à la fois exigeante et profondément humaine, qui m’a permis de mesurer, une fois encore, la puissance transformatrice de la méthode Vittoz.

Un rôle nouveau : évaluer l’avancée thérapeutique et professionnelle

Avec une consœur thérapeute, nous avons eu la responsabilité d’évaluer deux groupes d’étudiants, chacun représentant la moitié d’une promotion. Notre mission ? Vérifier, après deux ans d’études, s’ils avaient bien progressé dans leur propre thérapie, s’ils avaient intégré le Vittoz fonctionnel dans leur quotidien, et si le travail en Vittoz psychique leur avait permis d’avancer dans leur histoire de vie. Aujourd’hui, c’était au tour de la deuxième moitié de la promotion de passer devant nous, avec un enjeu de taille : valider leur accès au deuxième cycle, qui les mènera, dans deux ans, à devenir praticiens en psychothérapie Vittoz.

Et le verdict est sans appel : tous les étudiants ont été validés. Un succès collectif qui témoigne de leur engagement, de leur travail acharné, et de la pertinence de cette méthode.

Ce qui m’a marquée : trois leçons d’humanité et de résilience

Au-delà des critères techniques et des grilles d’évaluation, ce qui m’a le plus touchée, c’est ce que cette expérience a révélé sur la force de la méthode Vittoz et sur la capacité humaine à se reconstruire.

  1. La puissance du Vittoz : une thérapie qui libère

Voir ces étudiants, certains porteurs de blessures profondes, d’autres en pleine reconstruction, tous avoir avancé de manière significative dans leur rapport à eux-mêmes et au monde, a été très riche. Le Vittoz n’est pas qu’une méthode : c’est un levier de transformation. Il permet de lâcher ce qui pèse, de retrouver une liberté d’être et d’agir, et de se réapproprier sa propre histoire avec plus de sérénité.

Chaque parcours était unique, mais tous avaient en commun cette métamorphose intérieure, cette capacité à mieux écouter les messages de leur corps, à accueillir ce qui est, ce qui vient, les émotions, sans jugement. Certains, qui arrivaient avec des blocages majeurs, avaient réussi à retrouver une fluidité dans leur vie quotidienne. D’autres, qui luttaient contre des schémas répétitifs, avaient enfin trouvé des outils pour en sortir.

  1. La diversité des chemins, la richesse des reconstructions

Ce qui a aussi été fascinant, c’est de constater à quel point les tempéraments, les histoires et les défis de ces étudiants étaient variés. Certains portaient des fardeaux lourds, d’autres des questionnements existentiels, mais tous avaient trouvé, grâce au Vittoz, une voie pour avancer.

J’ai été frappée par leur résilience, leur présence à eux-mêmes, et leur capacité à faire confiance à leur corps et à leurs émotions. Chaque étudiant, avec sa sensibilité unique, a su tirer parti de la méthode pour progresser à son rythme, en s’appuyant sur l’écoute de soi et l’accueil de l’instant. La thérapie Vittoz n’est pas un moule : c’est un accompagnement incarné, qui s’adapte à chaque individu dans sa globalité, corps cœur et cerveau (« la simplicité des 3 C »).

  1. Le regard du jury : entre humilité et lucidité

Je ne vais pas vous mentir : avant de commencer, une question me turlupinait. « Qui suis-je, moi, pour dire à quelqu’un s’il peut entamer une démarche professionnelle pour devenir thérapeute ? » Cette responsabilité m’a d’abord semblé écrasante. Mais très vite, j’ai compris que notre rôle n’était pas de juger, mais d’observer, écouter, et accompagner.

Notre mission était de repérer ce qui avait déjà été accompli, mais aussi ce qui restait à travailler. Et c’est là que la beauté de l’exercice s’est révélée : nous n’étions pas là pour dire « oui » ou « non » de manière arbitraire, mais pour valider une progression réelle, et encourager chaque étudiant à poursuivre son chemin avec confiance.

Une fierté partagée

À la fin de ces deux jours d’évaluation, une émotion dominante m’a submergée : la fierté. Fierté de voir ces futurs thérapeutes prêts à transmettre à leur tour les bienfaits du Vittoz. Fierté de faire partie d’une communauté qui place l’humain au centre de sa démarche. Fierté, aussi, de constater que cette méthode, que je pratique depuis des années, continue de changer des vies.

Et surtout, une pensée me trottait dans la tête, comme un refrain : « Vive le Vittoz ! » Parce que oui, cette méthode, c’est bien plus qu’un outil thérapeutique. C’est une philosophie de vie, une façon de se réapproprier son existence, et une promesse d’humanité pour ceux qui s’y engagent.

Et demain ?

Cette expérience m’a confirmé une chose : la formation des thérapeutes est un maillon essentiel dans la transmission du Vittoz. En tant que jury, j’ai pu mesurer l’importance de l’accompagnement bienveillant, de l’écoute, et de la rigueur dans l’évaluation.

Alors, à tous ceux qui hésitent encore à se lancer dans cette aventure, j’ai envie de dire : osez, osez venir me consulter, tester cette méthode. Le Vittoz n’est pas qu’une méthode, c’est une aventure humaine, et chaque pas en avant est une victoire.

Et à ceux qui, comme moi, ont la chance de former ou d’évaluer les futurs praticiens : merci. Merci de perpétuer cette tradition de bienveillance, de professionnalisme et d’humanité.

« La thérapie, c’est comme un jardin : on sème, on arrose, on observe… et un jour, les fleurs éclatent. »