La veille de la rentrée, il y a souvent cette scène que beaucoup de familles connaissent.
Un cartable posé près de la porte.
Des vêtements préparés pour le lendemain.
Un enfant qui tourne un peu dans son lit…

Et parfois, derrière un simple « je n’ai pas sommeil », une petite inquiétude qui pointe :
« Et si je n’y arrivais pas cette année ? »
« Et si je n’avais pas de copains ? »
« Et si la maîtresse ou les professeurs attendaient trop de moi ? »

Car une rentrée, ce n’est pas seulement une nouvelle année scolaire qui commence. C’est une transition… et parfois une « grande » transition : déménagement, passage de l’école au collège ou du collège au lycée. Et toute transition peut réveiller des questions, des doutes, des peurs.

Alors oui, bien sûr, vous allez préparer les fournitures, reprendre progressivement un rythme de sommeil, retrouver des horaires plus réguliers. Mais la préparation la plus importante est peut-être ailleurs. Elle se trouve certainement dans ces moments où vous prenez le temps de regarder votre enfant, votre adolescent, et de lui demander :
« Comment tu te sens à l’idée de reprendre ? »
« Qu’est-ce qui te fait envie ? »
« Qu’est-ce qui t’inquiète un peu ou beaucoup ? »

Car derrière les sourires, l’agitation ou parfois l’indifférence apparente, il y a souvent des enfants qui se demandent s’ils seront à la hauteur.

Et vous aussi, parents, vous pouvez ressentir cette pression.
La peur que votre enfant souffre.
La peur qu’il échoue.
La peur de ne pas faire assez bien.

Dans une société où l’on attend beaucoup des enfants, beaucoup des parents, beaucoup des professionnels qui les accompagnent, il est facile d’avoir l’impression qu’il faudrait toujours mieux faire, toujours anticiper, toujours trouver la bonne réponse. Mais il n’existe pas de parent parfait. Il n’existe pas non plus d’enfant parfait. Et heureusement.

Ce qui aide un enfant à grandir, ce n’est pas d’avoir un parent qui sait tout, qui réussit tout, qui ne doute jamais. C’est d’avoir un adulte suffisamment présent pour écouter, rassurer, poser un cadre… et parfois simplement dire :
« Je ne sais pas encore, mais on va chercher ensemble. »

Accompagner un enfant ou un adolescent, ce n’est pas lui éviter toutes les difficultés. C’est lui transmettre cette confiance profonde :
« Même quand ce sera compliqué, je pourrai traverser ce moment. Je ne serai pas seul. »

La sécurité intérieure ne se construit pas dans une vie sans obstacles. Elle se construit dans la présence de liens solides.

Alors, en cette période de rentrée, peut-être pouvons-nous aussi nous offrir un peu de douceur.
À nos enfants.
À nos adolescents.
Et à nous-mêmes, adultes qui faisons de notre mieux.

La rentrée ne demande pas des familles parfaites. Elle demande simplement des familles qui avancent ensemble. Avec leurs forces, leurs fragilités… et leurs ressources.

Si vous me découvrez avec cet article, je suis Marie-Charlotte Clerf – Spécialiste de la santé mentale des jeunes et de ceux qui les accompagnent. J’aide les adolescents, les jeunes adultes et les adultes qui les accompagnent à retrouver un équilibre psychologique et relationnel lorsque l’anxiété, le harcèlement, l’épuisement ou les difficultés relationnelles prennent trop de place. Vous retrouverez ici, chaque semaine, des analyses, des conseils pratiques et des retours d’expérience nourris par près de vingt ans d’accompagnement.

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