Le « sens de l'effort » n'est pas forcément quelque chose de naturel chez l'être humain. Nous serions plutôt conçus pour vivre selon un « principe de plaisir ». C'est prégnant lors de la petite enfance puis de l'adolescence. Or la motivation interne s'appuie sur le fait que l'on peut prendre plaisir, y compris en faisant des efforts, à réaliser un certain nombre de choses.
Que peuvent faire les parents pour donner ce sens de l'effort aux enfants ? C'est certainement plus compliqué aujourd'hui que pour les générations précédentes. En effet, toute la société actuelle est tournée vers la recherche de « plaisir » … sans « effort ». Le marketing tente de développer chez les consommateurs de nouveaux « désirs », qu'ils s'efforcent de faire prendre pour des « besoins ». Les industries développent des moyens simples de répondre à ces désirs : achat par Internet, livraisons à domicile... Les médias en rajoutent : célébrité sans n'avoir rien fait d'autre que de participer à une émission de « télé réalité ». L'effort ne fait pas vendre… pas simple dans ces conditions de valoriser l'effort…et pourtant, il existe de multiples moyens.
Ses forces et compétences
Le premier moyen est de s'appuyer sur les forces et compétences de l'adolescent : lorsque l'on aime faire quelque chose, on n'a pas l'impression de faire des efforts. Pour accompagner les adolescents vers l'effort, on peut alors se tourner vers :
- Les intelligences multiples de Gardner : l'adolescent a-t-il, naturellement, plutôt un type d'intelligence : logico-mathématique ? verbal-linguistique ? (Les 2 seuls items testés dans les tests de QI), corporel-kinesthésique ? naturaliste ? musical-rythmique ? visuo-spatiale ? intra-personnel ? interpersonnel ? Utiliser ce type d'intelligence peut être moteur pour tout ce que l'on a à faire. Ex. : faire jouer sous forme de pièce de théâtre, une scène de l'histoire de France pour un jeune ayant une intelligence kinesthésique.
- Les tempéraments déterminés, par exemple, par l'INC : le philosophe, le novateur, l'animateur, le gestionnaire, le chef d'orchestre / stratège, le compétiteur, le participatif, le solidaire. Ainsi lancer un défi à un « compétiteur » va l'amener à donner le meilleur de lui-même, alors que cela va décourager un philosophe ou un solidaire.
- Les qualités que l'adolescent a en lui. Je vous invite à en faire une liste, en indiquant à côté de chaque qualité ce qui vous fait penser qu'il la possède. Il convient d'être extrêmement concret ; ex. : « je le trouve généreux car il n'hésite pas à donner de l'argent de poche aux SDF qu'il croise ». Ainsi, on pourra s'appuyer sur ces qualités pour donner envie à l'adolescent d'avancer.
Les tâches ménagères
On peut demander aux enfants de participer aux tâches de la maison : du rangement de la chambre au ménage ; de l'aide pour cuisiner au bricolage ; de la sortie du chien… ou de la poubelle… il est naturel que chaque personne de la famille participe aux activités qui permettent le bien-être de tous. Et faire des efforts pour aider ici, permet de développer ce fameux « muscle de l'effort » que l'ado saura plus facilement utiliser dans d'autres domaines.
Les sortir de leur zone de confort
Les encourager à franchir de nouvelles étapes. Par ex. : s'inscrire à une compétition de sport, augmenter sa moyenne dans telle matière. Présenté sous forme de défi, l'effort peut paraître plus agréable ou plus facile. À condition de s'assurer que les enfants / adolescents ont les moyens de relever ces défis, d'arriver à l'étape supplémentaire : attention aux objectifs inatteignables car trop hauts, trop compliqués ou… pas assez ambitieux ! Un bon objectif doit donner une certitude de 80% de pouvoir être atteint.
Changer notre regard sur l'échec
L'échec n'est qu'une étape vers l'apprentissage et la réussite… Même si ce n'est jamais agréable d'y être confronté, c'est la façon dont on va le dépasser qui est importante. On a tendance à l'oublier en France où l'échec n'a pas bonne presse. Pourtant, quasiment aucune personne qui a durablement réussi n'a échappé aux échecs, qu'il a surmontés… Comme le disait si bien Clémenceau : « échouer, c'est s'arrêter avant d'avoir réussi ».
« Pour manger une baleine, il faut commencer par la 1ère bouchée »
Fonctionner par étapes ; par exemple : « On commence par séparer vêtements sales et vêtements propres » « maintenant les vêtements sales partent directement dans le lave-linge » « les vêtements propres retrouvent leur cintre ». Autre exemple : « D'abord lire ce qu'on demande. » « Lire la totalité de l'exercice » « relire la consigne » « préparer un brouillon »… Au départ, le parent peut fixer les étapes. Puis il demande à son ado de le faire et de lui montrer, et enfin il le laisse faire.
Choisir un établissement scolaire qui saura tirer l'enfant, l'adolescent… vers le haut… en croyant en lui, coûte que coûte, en ne se contentant pas du minimum et en lui proposant des défis atteignables pour progresser.
Attention, point trop n'en faut !
Faire attention au découragement et risque de burn-out : croire en ses enfants, leur donner le sens de l'effort ne veut pas dire « les surcharger ». Car en tout l'excès mène à l'indigestion et au découragement. Dans cette idée, attention aux établissements très exigeants : vérifiez que votre adolescent est capable de supporter ce stress !
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